Bla bla

Nous sommes tous des cuisiniers ?

 

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Je visionne seulement aujourd’hui cette conférence « Nous sommes tous des féministes », de Chimamanda Ngozi Adichie (pourtant datée de 2012), grâce à l’annonce de sa distribution en version papier aux lycéens de Suède. Et je dois dire que je l’ai trouvée particulièrement drôle, et particulièrement bien exprimée, et que j’aurais aimé que la moi du lycée puisse être éclairée par ce genre d’intervention, ce qui m’aurait fait gagner quelques années de réflexion.

Une phrase m’a tout particulièrement interpellée, car elle y parle de cuisine : (excusez la retranscription et la traduction si elle est approximative)

« The problem with gender, is that it prescribes how we should be rather that recognizing how we are (…). Take cooking for example (…)Cooking, by the way, is a very useful skill for a boy. I never thought it make sense to leave such a crucial thing, the ability to nourish one self in the hands of others !

« Le problème avec le genre, c’est qu’il prescrit la façon dont nous devrions être au lieu de nous reconnaître comme nous sommes. (…) Prenons la cuisine, par exemple (…). La cuisine est une compétence bien utile pour les garçons. D’ailleurs, je n’ai jamais pensé que l’on puisse laisser une chose aussi cruciale que de se nourrir, dans les mains de quelqu’un d’autre ! »
Et là, je suis très surprise d’entendre ça tant je ne l’avais pas associé à une idée féministe. C’est une question que je ne m’étais jamais posée pour moi-même à vrai dire. Pas celle là !

Dans la mesure où j’aime beaucoup cuisiner, pour moi, avant tout, je n’ai jamais imaginé que cela puisse être lié à mon genre. Bien évidemment, j’aime cuisiner aussi pour les autres (les bénéficiaires directs étant mon mari et ma fille, puis ensuite les amis, la famille, les voisins …) mais je retire beaucoup de satisfaction à réaliser des choses bonnes pour mon corps, et d’autant plus si je les ai vues grandir dans un potager, ou si elles sont produites dans le respect de la terre et des hommes. Cela revient à penser que pour moi, cuisiner est plutôt un engagement vis-à-vis de soi-même, mais aussi des autres, donc pourquoi pas écologique, et pourquoi pas un geste social aussi.

Et pourtant si je n’ai jamais remis en question ce point précis qui concerne la cuisine, comment n’avais-je pas fait le rapprochement malgré tout ? Comment imaginer que cette compétence que je possède aujourd’hui perdure par le simple fait que j’y ai été encouragée et qu’un petit garçon (ou mon frère) ne l’aurait pas été ?

Pourtant c’est vrai qu’elle doit encore exister cette idée que la cuisine est traditionnellement une tâche de « bonne femme », et que je contribue à véhiculer un cliché sans en avoir conscience. C’est pour cela aussi certainement que j’ai été particulièrement touchée par ce rappel que cuisiner, et se nourrir, est quelque chose d’essentiel, tout autant que savoir s’occuper de soi-même apporte une très grande satisfaction qui n’accepte aucun jugement.

Voici la conférence « Nous sommes tous des féministes ».

 

 

(PS : image d’illustration empruntée à l’article de Sophie Gourion)
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