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Les chèvres de ma mère *

Comment parler de notre nouvelle vie sans parler de ce petit quadripède qui légitimise tout citadin venu se mettre au vert pour assoir son retour aux sources ?

Les chèvres, je les adore. Ni plus ni moins. Depuis toute petite, j’ai une très grande sympathie pour ces animaux, de par leur intelligence, leur espièglerie, mais aussi par sa très grande proximité avec les chevaux. Il n’est en effet pas rare de trouver une chèvre pour compagnon à un cheval esseulé. J’ai entendu plusieurs fois des éleveurs faire adopter un poulain orphelin par une chèvre laitière (surmontée par un ballot de paille, pour ceux qui exigeraient des détails sur la faisabilité de l’entreprise).

D’un point de vue nutritionnel, le lait de chèvre est bien plus digeste pour l’organisme humain que le lait de vache, pour citer encore une fois ce mauvais élève (le lait de jument est aussi en bonne position, puis vient le lait de brebis).

Bref.

L’été dernier, je me suis donc rendue dans un élevage de chèvres laitières en vue d’assurer à une réformée de la chèvrerie une douce vie à entretenir la pelouse. Je suis revenue avec le matricule 500 10, soit en terme plus convenable, une chèvre alpine unicorne, d’un peu plus d’un an, qui répond désormais au nom de Sarriette.

Quelques jours plus tard, mon coffre ne pouvant transporter qu’une pensionnaire à la fois, je suis revenue chercher une autre réformée, afin de répondre correctement aux heures qu’elle a passé à bêler comme une désespérée, certainement en quête de compagnie caprine. Cette seconde chèvre s’appelle désormais Espelette.

Et qu’elles sont drôles nos chèvres ! Photogéniques, facétieuses, irréverentes, toujours à la recherche d’une caresse ou d’un coup de brosse … et gourmandes ! Nos tondeuses ont vraiment surpassé leur réputation en rasant avec minutie tous les végétaux se trouvant sur leur passage, des plus nuisibles (lierre, oseille sauvage, chardons…) mais en s’attaquant aussi aux écorces de TOUS les arbres ! (bien que nous ayons mis un plan de sauvetage en place, nous aurions pu prévoir cette hécatombe… m’enfin, c’est le prix de l’expérience). Mais elles nous ont aussi fait la surprise de fabriquer encore un peu de lait, car bien que réformée, il ne s’était pas tari ! Nous voilà donc à apprendre les rudiments de la traite manuelle, dans un premier temps surtout pour les soulager de ce « trop-plein », mais par la suite avec la modeste mais visible fierté de pouvoir faire notre propre fromage.  *

La lactation s’est tari peu à peu, selon les lois de la nature, et à la fin de l’automne, elles ne nous donnaient plus de lait. Car, c’est ainsi, si on ne perturbe pas le cycle naturel : le temps du sevrage du chevreau arrive, puis les chaleurs en automne afin que la naissance d’un nouveau petit puisse venir au printemps…. (je ne m’étale pas plus sur ce que l’homme a pu inventer pour modifier artificiellement ce cycle de reproduction afin de consommer égoïstement du lait d’un animal exploité en toutes saisons). C’est alors que je me suis mis en quête d’un bouc, toujours grâce à mon site internet préféré, j’ai nommé le Bon Coin, et nous avons accueilli quelques semaines le bien-odorant Nestor. (Note pour moi même : ne plus jamais dire de qq’un « qu’il sent le bouc ». Jamais). La fin de cette histoire au printemps, donc…

Ce qui me donne envie d’écrire ce long laïus aujourd’hui, c’est que Sarriette traverse une très mauvaise période, et que je suis de nouveau confrontée à mon ignorance face à la façon de s’occuper d’une chèvre. Voici deux semaines que nous lui procurons des soins intensifs afin d’espérer qu’elle puisse se relever un jour. Une carence en vitamine B soignée trop peu rapidement, un mauvais coup du sort qui donne un diagnostic à serrer le coeur : « nécrose du cortex ». Tous les jours des anti-inflammatoires, de la cortisone, de l’ultra B en doses massives, mais aussi du bon foin, de la paille sèche, un seau d’eau à mettre à bout de nez, et encore, encore, la relever sur ses quatre pattes, chercher l’équilibre, masser le corps dont le muscle fond, et espérer toujours que de nouvelles connections se reconstruiront et lui permettront de gambader. Pour ne pas prendre une décision sans retour.

Et puis, le vétérinaire en la voyant la première fois s’est exclamé :  » Mais enfin, il faut la sauver, c’est pas tous les jours qu’on voit une licorne ! ». 

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*Sans présure animale, bien sûr. Je le faisais cailler avec du jus de citron. That’s all !

*« les chèvres de ma mère », en clin d’Oeil au fim de Sophie Audier

Les Chèvres de ma mère FA 1080p from jour2fete on Vimeo.

 

 

les chevres

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